A quoi sert le médiateur des rave parties ?

En Haute-Garonne, un médiateur pour les free parties a été nommé en 2015. En deux ans, il n’a jamais été sollicité. «Les collectifs veulent conserver l’aspect spontané et non organisé» des free parties, justifie-t-il.

C’est un plan, initié en 2015, qui doit permettre aux sound-systems et collectifs techno de renouer avec les pouvoirs publics, et qui doit aussi amener ces derniers à une meilleure reconnaissance de ce mouvement, grâce à la mise en place de médiateurs. L’Occitanie fait partie des régions pilotes de ce plan. «Nous avions constaté une détérioration des relations entre les organisateurs de free parties, fêtes libres et gratuites en opposition aux rave parties, et les pouvoirs publics, commence Samuel Raymond, coordinateur de l’association Freeform, association de défense et de soutien de la fête libre, également active dans le domaine de la médiation. D’un côté, les organisateurs faisaient face à de plus en plus de saisies de matériels et de descente lors des soirées et de l’autre, les pouvoirs publics considéraient ces fêtes non déclarées comme un danger. Les choses se sont accélérées en 2015-2016, avec l’état d’urgence, qui a encore plus tendu la situation. Les aspirations des pouvoirs publics et des organisateurs ont pris des directions diamétralement opposées et on est arrivé à une rupture de dialogue. Le gouvernement a changé et le nouveau a relancé cette idée de médiateurs, qui avait été laissée en suspens.» En Haute-Garonne, 30 à 40 free parties ont lieu chaque année et Patrick Sauveplane, du service Jeunesse et vie associative de la préfecture, a été nommé comme médiateur depuis 2015. «Mon rôle est d’accompagner les organisateurs. Faire en sorte que la manifestation soit acceptée par la population locale, tout en garantissant la sécurité des jeunes participants, notamment au niveau de la drogue, de l’alcool… Pour prévoir des secours éventuels, par exemple.» Samuel Raymond souligne : «C’est une bonne chose qu’il soit issu des services jeunesse et vie associative, il comprend mieux les problématiques des jeunes.» Pourtant, le médiateur n’a pas été sollicité pour l’instant. «Nous faisons déjà de la médiation en Haute-Garonne, donc les teufeurs le sollicitent moins et nous ne sommes pas sur un département où il y a beaucoup de free parties. En plus, il y avait déjà eu une volée de médiateurs précédemment, donc les sound-systems sont dubitatifs», avance Samuel. Patrick ajoute : «Je ne suis pas persuadé que les organisateurs de free parties aient envie de manifestations très cadrées et là, l’objectif, ce sont des fêtes déclarées, accompagnées et sécurisées. Le frein principal est qu’ils veulent conserver l’aspect spontané et non organisé des fêtes.»

 

Le chiffre : 72

médiateurs > Nommés dans toute la France. Ils sont environ 70 médiateurs à avoir été nommés pour servir d’intermédiaire entre les collectifs et les institutions.