POURQUOI LES COLLECTIFS TECHNO DE L’OUEST SONT EN COLÈRE ?

Vous l’avez surement vu passer sur les réseaux sociaux, un appel est lancé par les sound systems de l’Ouest pour un rassemblement revendicatif façon teknival ce week-end.
Cette action revendicative est la conséquence d’une série de saisies et d’incidents qui ont eu lieu dans cette région qui est pourtant un haut lieu de la fête libre en France.

Depuis un an, le nombre de saisies s’est multiplié dans le grand-ouest, parfois alors qu’il y a moins de 500 personnes sur le site et qu’aucun trouble à l’ordre public important n’est constaté.

D’autres actions ciblant le public des free ont aussi eu lieu.

Dans le Morbihan par exemple, le préfet tente de faire payer des amendes à des participants à certaines free parties pour « aide au tapage nocturne ». Il essaye ainsi de dissuader les danseurs de venir dans les soirées en les cataloguant d’office comme complice de tapage nocturne, de par leur simple présence. A l’heure actuelle, ce sont de nombreux participants, parfois leurs parents, qui sont convoqués en gendarmerie pour avoir osé contester ces amendes basées sur des relevés de plaques d’immatriculation et qu’ils n’étaient évidemment pas présent sur la fête en question.

On nous rapporte aussi plusieurs cas de participants ayant reçu des amendes pour stationnement dangereux alors qu’ils s’étaient garés dans un champ lors de soirées. Si les stationnements le long d’une route de campagne, de nuit et sans signalisation sont effectivement dangereux, le fait d’en profiter pour verbaliser aussi ceux qui s’étaient garé dans le champ prévu par les organisateurs décrédibilise l’action de sécurité routière. Comment l’aspect pédagogique d’une amende peut-il être compris quand il est accompagné de pratiques très questionnables éthiquement ?

En Aout dernier, le préfet du Finistère qui essayait de faire payer 12 000 euros le déplacement des gendarmes sur une free party légale et déclarée de 2000 personnes avant d’abandonner l’idée sous la pression médiatique. Depuis, une commission a été nommée au gouvernement pour faire le point sur ces pratiques iniques et sous l’égide du préfet Guépratte, les conditions des indemnisations des services de l’état, sont en train d’être revues complètement.

C’est la preuve que quand les bretons contestent, ce n’est pas pour le plaisir de râler mais bien parce que leur demandes sont légitimes, constructives et argumentées.

Lors de la réunion du groupe de travail interministériel au ministère de la Jeunesse en octobre dernier, le gouvernement a proposé la Bretagne et les Pays de Loire pour devenir des régions pilotes, remettre en place de la concertation et accompagner les collectifs dans l’organisation de fêtes légales. Les sound systems réunis au mois de novembre ont validé cette démarche et sont prêts au dialogue. Mais il semble que les consignes gouvernementales ne soient pas parvenues jusque dans les lointaines contrées bretonnes et que pour l’instant, c’est la répression qui prime sur la concertation.

Freeform rappelle que si le gouvernement ne souhaite pas voir évoluer le cadre légal et veut conserver la saisie comme un instrument de régulation, cela reste une sanction brutale et clivante qui ne devrait être réservée qu’aux cas les plus extrêmes. Idem pour les « punitions collectives » qui loin d’avoir un effet dissuasif génèrent au contraire des réactions de colère.

Nous appelons les préfectures des départements du grand ouest à reprendre au plus vite un dialogue constructifs avec les représentants des collectifs. C’est ensemble et non les uns contre les autres que se construit l’avenir.

 

Source : FreeForm > https://www.facebook.com/assofreeform/

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