Rave-party: un médiateur à l’écoute des fêtards

Ni préfet, ni gendarme, Aurélien Mollet est l’un des 72 médiateurs départementaux nommés pour faciliter le dialogue entre l’État et les organisateurs de fêtes de musiques électroniques…

D‘un côté, des fêtards qui en ont assez des saisies de matériel par les forces de l’ordre et de l’autre, les services de l’État qui craignent des accidents. Depuis 2013, Aurélien Mollet, 40 ans, est chargé de la médiation entre les deux, pour l’Oise. Cette nomination faisait suite à la tragédie de Boran-sur-Oise. Le corps d’un jeune homme avait été retrouvé au pied d’une falaise de la carrière de chaux dans laquelle se tenait une rave illégale.

En cinq ans, Aurélien Mollet, conseiller d’éducation populaire et de la jeunesse, rattaché à la direction départementale de la cohésion sociale, n’a été sollicité qu’une seule fois… Et pour cause. Les organisateurs et associations ne connaissaient pas son existence, il y a encore quelques mois.

Depuis 2001 et l’amendement Mariani, une déclaration préalable en préfecture est obligatoire au-delà des 500 participants d’une rave-party. Un dispositif qui, même en étant respecté, ne donne pas entière satisfaction aux organisateurs.

«  Comme je ne suis ni le préfet, ni un gendarme, j’espère que cela facilitera le dialogue. Tout le monde doit être gagnant : les organisateurs qui éviteront des saisies de matériel et l’État qui pourra assurer la sécurité en amont  », confie le médiateur oisien. Et concernant les substances illégales ? «  Bien sûr, il y a des substances, tous ne tournent pas à la menthe à l’eau. Mais leur première motivation reste la musique. L’organisateur, sa crainte, c’est la saisie de ses enceintes.  »

S’il y a dix ans, l’Oise était une terre de free-parties, en 2017, seuls trois événements de ce type ont été recensés. «  On voit désormais plus de micro-rassemblements. C’est plus difficile, dans ces conditions, pour des associations comme le Centre d’accueil et d’accompagnement à la réduction des risques des usagers de drogues (CAARUD), de mener leur campagne de prévention sur le terrain.  » Les premiers retours de ces expériences de médiation, dans les autres départements, se sont avérés positifs. Reste à faire le premier pas.

FANNY DOLLÉ

 

Source : Courrier Picard > http://www.courrier-picard.fr/81855/article/2018-01-06/rave-party-un-mediateur-lecoute-des-fetards